Archives pour la catégorie “Réflexion”
Quelle absurdité ! Que Monsieur le ministre de la Famille Tony Tomassi (qui a heureusement fait volte-face) a cru avoir fait une bonne chose en appuyant l’enseignement des religions à la garderie, est d’une inconscience et ignorance inconcevables!
Une solide éducation de nos jeunes devrait être à la base d’une échelle de valeurs humanitaires et universelles, et ce, dans toutes les écoles et dès le primaire. Les niveaux du secondaire et du CÉGEP, les universités devraient enseigner une philosophie de l’ouverture, de la réflexion et de la prise éclairée de décision. Il est primordial d’enseigner aux jeunes que le doute et l’interrogation personnelle sont légitimes et nécessaires, et qu’il n’existe pas de réponse toute faite. Je trouve même inutile de leur enseigner l’histoire des religions, car ce serait leur donner de l’importance. Pourquoi ne pas privilégier des cours d’éthique et faire confiance à leur intelligence pour l’implantation des valeurs humanitaires et universelles que nous voulons pour la société de demain?
Tous les enfants devraient avoir accès aux avantages découlant de la culture majoritaire et cela, chez nous comme ailleurs dans le monde. Ce n’est pas en les forçant à joindre les rangs d’un groupe religieux et à en adopter les rites et les croyances, souvent absurdes, que nous les aiderons à devenir des individus forts et équilibrés, capables à l’âge adulte de choisir leurs priorités et leur propre ligne d’évolution. Le libre choix supplante, en terme de valeur, l’imposition d’un mode de vie et de pensée par des croyants fanatiques (soutenus par l’État).
Et puisque nous nous sommes dotés d’un système d’enseignement laïc, aucun accommodement ne devrait être possible pour quiconque dans nos écoles.
En tant que principale ressource communautaire, l’école, par sa capacité d’atteindre tous les parents, se doit de participer aux importantes transformations sociales. Participer ne doit cependant pas signifier « reculer » et aucune concession sur le terrain gagné ne devrait être consentie par, soi disant, respect des valeurs religieuses des multiples confessions existantes. Aller de l’avant permettra aux générations futures de vivre des bénéfices d’un investissement intelligent dans l’éducation. Ainsi, hommes et femmes de demain verront peut-être moins de désastres sociaux.
Devant la variété des croyances, le contenu actuel des programmes scolaires ne répond plus aux exigences de notre époque et, pour tous les éducateurs, l’heure est venue de réviser avec honnêteté le système d’enseignement.
LAÏCITÉ
La charte de la laïcité m’apparaît comme la solution idéale.
On a depuis toujours invoqué le droit des enfants pour justifier l’appartenance à un groupe religieux. En réalité, ce droit n’a rien à voir avec l’imposition de la religion par les parents. Nous savons que les enfants et les adolescents n’ont pas la maturité nécessaire pour faire des choix raisonnables. Ce sont les parents qui choisissent pour eux et faire reposer sur leurs droits les désirs conformistes des éducateurs n’est que pure manipulation. S’il est une chose que les enfants ont le droit de savoir, c’est que la véritable spiritualité a été supplantée par les doctrines et les dogmes religieux.
Tous les extrémistes religieux du monde tirent avantage de l’affirmation trop répandue que l’abandon de la religion est responsable de la décadence de l’humanité. Ces derniers peuvent ainsi faire régner la terreur en justifiant leurs actes par leur fanatisme et, selon le camp choisi, le terrorisme des uns devient l’héroïsme des autres.
L’enseignement des valeurs humaines devrait être diffusé à l’échelle mondiale, car seules ces valeurs ont la capacité d’unir les peuples, contrairement aux idéologies religieuses qui divisent les nations en groupes extrémistes.
Selon moi, l’accommodement le plus raisonnable auquel je puisse penser se situe dans la laïcisation du domaine public et dans l’abolition pure et simple de toutes les religions, pour faire place à une recherche commune plus philosophique et spirituelle. L’humanité, libérée de l’emprise religieuse, pourrait peut-être enfin répondre au seul appel qui vaille: le désir de bien vivre sa vie.
Soyons assez responsables pour ne pas être complices du maintien des religions rétrogrades qui empêche l’évolution de la société.
Andréa Richard
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Publié par ANDREA RICHARD dans Actualité, Réflexion, tags: Allah, antiquité, Benoit XVI, bible, déesse-mère, divinités, droit de vote, femmes, Jéhovas, Yahweh
La femme a déjà occupé, même dans la préhistoire, une place égale et même supérieure à l’homme, prestige qu’elle a ensuite perdu et qu’elle mettra des siècles à reconquérir. En effet, dans l’histoire antique, la divinité était représentée par une déesse-mère, et ce, dans toutes les civilisations. « On a retrouvé de nombreuses figurines de déesses-mères, la plus connue étant celle de l’obèse Vénus de Willendorf [...]. Par contre, les archéologues et les paléontologues n’ont jamais exhumé de statuette représentant un dieu mâle [...]. Comme il existe une corrélation entre le sexe de la divinité vénérée et le rôle de la femme dans les rituels sacrés, on en a déduit que les populations de l’époque étaient régies par une certaine forme de matriarcat et que les femmes tenaient une place importante dans les rites religieux. Durant l’Antiquité, les femmes pouvaient exercer des fonctions sacerdotales. Dans certaines sociétés, les prêtresses jouaient un rôle égal à celui des prêtres. C’était le cas des druidesses qui, chez les Celtes, avaient les mêmes attributions que leurs collègues masculins : divination, éducation des jeunes, participation aux assemblées qui élisaient les rois… [...]Avec l’arrivée du monothéisme, les pères de l’Église ont interdit l’accès aux fonctions sacerdotales pendant au moins 2000 ans. Les trois “religions du Livre” (ainsi nommées parce qu’elles partagent le même texte fondateur : la Bible) ont expulsé l’élément féminin du divin. Le mot hébreu “Yahweh” est du genre neutre, mais ses équivalents - Élohim, Jéhovah - sont masculins, tout comme les termes Allah, Dieu, God, Dios… » (Châtelaine, décembre 2000).
Ce n’est que lorsque le mâle a compris qu’il avait lui-même un rôle à jouer dans la procréation que sa vénération pour la femme s’est graduellement éteinte, et il a cru qu’il lui était supérieur. De créatrice absolue de la vie, la femme est passée au rang de réceptacle de la semence de l’homme, qui représentait la fertilité pendant l’antiquité, ce dernier était persuadé qu’elle n’avait dorénavant qu’un rôle secondaire à jouer dans la mise au monde de nouveaux êtres humains.
Le XXe siècle a marqué de façon prépondérante l’ascension de la femme au rang social et politique auquel elle avait droit en tant qu’individu autonome apte à prendre ses propres décisions et à contrôler les éléments de son existence - en tous lieux, dans toutes les sphères d’activité, sauf… au sein des religions (exception faite de quelques Églises protestantes et l’Église Unitarienne) chasse gardée des mâles qui se prétendent investis de pouvoirs conférés par Dieu et qui n’hésitent pas à Le représenter, à parler en son nom. Or, selon eux, Dieu refuserait encore et toujours le sacerdoce aux femmes. Encore faudrait-il faire la preuve qu’Il ait parlé en ce sens ! C’était le message de Jean-Paul II et de son successeur Benoît XVI. Loin d’avoir évolué, cette mentalité suggérant un Dieu misogyne n’est pas seulement stagnante, mais régressive. Toute évolution nécessite remise en question et réflexion, ce que, précisément, les autorités de l’Église refusent de faire en ce qui concerne des traditions établies et des dogmes. Une évolution saine mène à une révolution des schèmes de pensée. Or, une telle révolution représenterait une menace pour le système « androcentré » de l’Église qui veut perpétuer l’attribution des fonctions sacerdotales et d’autorité dans l’Église qu’aux hommes. Au Canada, le statut de « personne juridique » ne fut accordé à la femme qu’en 1929 et le droit de vote, en 1940. Les évêques, se mêlant des questions politiques, s’opposaient à ce que les femmes se présentent aux urnes. Un demi-siècle plus tard, ils reconnurent que la gent féminine se composait de personnes à part entière et firent amende honorable. En leur nom seulement, pas au nom de l’autorité papale ou de la curie romaine.
Les femmes, à partir des années 60, ont compris qu’il leur fallait prendre leur place et non seulement une place dans une société qui ne souffrait aucune tentative de prise en charge. Elles ont prouvé et démontré que les femmes peuvent, autant que les hommes prendre la parole en public, écrire des best-sellers, diriger des entreprises, conduire des camions, accéder à la tête des gouvernements et concilier, bien souvent, leurs activités et leurs tâches avec les contraintes de leur vie familiale et parentale.
En 1994, 1200 femmes anglaises de confession anglicane ont été ordonnées prêtres. Leur Église avait statué, en 1975, que l’ordination des femmes ne pouvait rencontrer aucun obstacle fondamental d’ordre théologique. C’est pourtant le même Dieu que celui des catholiques !
En 1994 également, Mme Louise-Gélinas Martel et moi-même fondatrices du CLAC (Collectif libre d’actions concertées pour l’égalité de l’homme et de la femme dans la société et dans les religions,) avions manifesté devant la cathédrale de Trois-Rivières en faisant appel aux autorités d’Église pour qu’ils acceptent l’égalité des sexes en acceptant le sacerdoce de la Femme. Nous avions l’appui de groupes reconnus, telle l’Autre Parole, Femmes et Ministères, l’A.F.É.A.S, la conférence des Religieuses Canadiennes (CRC), ainsi que des théologien(ne)s les plus réputées et un grand nombre d’individus se sont prononcés publiquement contre la position du pape et de quelques autorités d’Église concernant la non-ordination de la femme non seulement nous n’avons pas été entendus, mais par la voix du pape, on nous a demandé « de nous taire et de fermer le débat. »
Par les accommodements religieux, encore une fois, l’égalité homme-femme et nos valeurs québécoises acquises péniblement sont menacées.
Quand dire ne suffit pas, il faut agir….
Aujourd’hui nous ne pouvons nous adresser à ces hommes misogynes et sourds, c’est donc aux femmes que nous nous adressons :
Femmes soumises, votre dignité n’est pas à genoux. Levez-vous. Prenez votre place, celle que l’on ne vous donne pas… Si vous ne pouvez être traitées égales aux prêtres, et aux imams avec qui vous travaillez, et avec les mêmes droits, n’y soyez plus du tout. Votre place est ailleurs.
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Une dépêche de la Presse canadienne datée du 3 décembre 2009, reprise dans Cyberpresse, section Éthique et religion, faisait part d’une déclaration émise par le cardinal Javier Lozano Barragan de la Cité du Vatican :
«Les homosexuels et les transsexuels n’entreront jamais au Royaume des Cieux», a affirmé hier le cardinal Javier Lozano Barragan, ancien ministre de la Santé du Vatican.
Nous nous inscrivons en faux devant cette assertion infâme. Pareille affirmation fait preuve d’une grande ignorance. En plus, elle est contraire à l’évangile et à la philosophie de Jésus de qui, pourtant, le Vatican se réclame. Pour justifier sa déclaration, le cardinal Barragan ose l’attribuer à Saint Paul. «Si Saint-Paul l’a dit, selon le cardinal, c’est donc vrai.» Monsieur le Cardinal, pourquoi référer à un homme d’une autre époque, voire même d’une autre planète ? Est-ce que les hommes et les femmes d’aujourd’hui ne peuvent pas penser par eux-mêmes? Contrairement à vous, Monsieur, ils sont assez évolués et intelligents pour être indignés par vos propos désobligeants envers certains de nos semblables. Vos longues méditations ne vous ont-elles pas appris, comme l’enseignait Jésus, l’amour et le partage au lieu de répandre la haine et le rejet?
À ce propos, le mutisme de l’Assemblée des évêques catholiques du Canada est inquiétant. Son incompréhensible silence jette un climat trouble dans la société. Nous lui demandons instamment, dans le respect de nos chartes des droits, d’émettre un communiqué, se dissociant officiellement de cette déclaration blessante, injuste et discriminatoire.
Andréa Richard, auteure, Au-delà de la religion, Septentrion
Royal du Perron, éditeur, ZoneCulture.com
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Dans La Presse de ce matin le 21 novembre, Monsieur Denis Lessard, journaliste, rapporte ces propos de Mme Pauline Marois, par rapport aux religions.
«les accommodements, quand ils sont déraisonnables, doivent être interdits.” Ceci laisserait entendre qu’il y a des accommodements raisonnables ?
Il est temps qu’on prenne conscience que des accommodements au nom d’une religion, c’est toujours déraisonnables et irresponsables, et voici pourquoi: Aujourd’hui nous savons que toutes les religions ont à la base, des doctrines erronées et des dogmes mensongers. Accorder des accommodements au nom d’une religion c’est donc se rendre complice du culte du faux. Est-ce cela que nous voulons léguer à nos enfants et petits-enfants ? Il est temps que l’on dise -NON- Ici au Québec, ici au Canada, il n’y aura plus d’accommodements accordés au nom d’une religion. L’État est laïc.
Est-ce si difficile a comprendre? La religion et la spiritualité ce sont deux choses différentes. Les religions véhiculent une spiritualité de la mort, victimes, martyrs, sacrifices, suicides au nom d’Allah, et j’en passe… La mort pour un Ciel.
Ce que nous voulons comme enseignement pour nos enfants, c’est une spiritualité de la Vie pour la vie sur terre, a embellir dans le Présent, par l’éthique, une morale, des valeurs humanitaires, bref, un savoir être et un savoir faire, pour le bonheur de l’individu, de la famille et de la société. Ce sera bien plus prometteur pour un avenir de paix, que d’attacher de l’importance aux religions archaïques en les accommodant, alors qu’en fait on devrait les dénoncer….
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Publié par ANDREA RICHARD dans Actualité, Revue de presse, Réflexion, tags: Accommodements, AFEAS, Diane Guilbault, Djamila Benhabib, Fatima Sobhi du Comité culturel islamique de Trois-Rivières, ma vie à contre coran, mouvement laïc, Mouvement national des québécoises et québécois, Regroupement des citoyennes de la SSJB, Table de concertation du Mouvement des femmes de la Mauricie
Le Nouvelliste (lundi 9 novembre 2009)
Presque tous les jours, depuis près de deux mois, le journal Le Devoir fait mention du problème des accommodements unilatéraux envers les religions: le débat sur les positions adoptées par la SAAQ, la RAMQ, la FFQ, les nombreuses interventions médiatiques du Collectif Citoyen pour la démocratie, la laïcité et l’égalité, du Mouvement laïc québécois, des femmes musulmanes algériennes qui, devenues québécoises, épousent les valeurs d’ici. Et j’en passe…
Il paraît évident que la population a compris et tout aussi clair que le peuple veut une charte de la laïcité au Québec. Comment expliquer que seuls les dirigeants ne semblent pas capter le message? N’est-il pas grand temps que toutes les instances se penchent enfin sur la question et agissent concrètement vers une solution?
À Trois-Rivières, on a compris. Le 5 novembre, plusieurs personnalités politiques et représentants de groupes communautaires importants (AFEAS, Mouvement national des québécoises et québécois, Table de concertation du Mouvement des femmes de la Mauricie, Fatima Sobhi du Comité culturel islamique de Trois-Rivières, Regroupement des citoyennes de la SSJB, etc.) se sont déplacés pour entendre en conférence sur l’épineux sujet Mesdames Andréa Richard, réputée auteure de, entre autres, Au-delà de la religion, Djemila Benhabid, auteure de Ma vie à contre-Coran, Marie-Michelle Poisson, présidente du Mouvement laïc et Diane Guilbault, auteure de Démocratie et égalité des sexes. Ces dernières y ont été pour beaucoup dans l’abandon de la Loi 16 que voulait faire passer la ministre Yolande James.
Les conférencières ont lancé un vibrant appel aux signatures qu’elles soumettront à l’Assemblée nationale pour appuyer l’adoption d’une charte de la laïcité. On peut lire dans le préambule du projet qu’elles présenteront que « La laïcité suppose la séparation du politique et du religieux et repose sur trois principes indissociables : la liberté de conscience, l’égalité en droit de toutes et de tous croyants agnostiques ou athées et la neutralité de l’État ».
Je souhaite ardemment que de telles conférences et d’autres tables rondes soient organisées ailleurs au Québec, que des personnalités publiques et des représentants de divers groupes sociaux et des partis politiques y soient invités afin de prendre un maximum de renseignements pouvant les éclairer dans leurs prises de position et leurs décisions.
Oui, le moment est venu de faire entendre la voix de la grande majorité en faveur de l’établissement d’une charte de la laïcité, gage d’égalité, de démocratie, d’harmonie et de paix entre les tenants des religions et les autres. Bravo et merci à ces pionnières de la véritable justice.
Lise Morin
Saint-Julien
Source : Cyberpresse/ Le Nouvelliste
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Demander une charte de la laïcité c’est faire appel à la conscience individuelle et collective. L’adoption d’une charte québécoise de la laïcité me semble impérative. Établissant, une fois pour toutes, l’unité et l’égalité des citoyens, cette charte empêcherait le cautionnement des religions, mettrait fin à la discrimination et aux affrontements inutiles. Le favoritisme, supposé ou réel, envers les adeptes de l’une ou de l’autre de ces religions serait aboli et un vent d’espoir pourrait enfin souffler sur l’avenir.
L’erreur des religions c’est d’avoir coulé dans le ciment ses doctrines et ses dogmes non prouvés, ni même prouvables, qui relèvent de l’époque moyenâgeuse dont nous ne sommes pas libérés. Ce qui est important ce n’est pas de conserver à tout prix les religions du passé – mais c’est d’évoluer vers une prise de conscience libératrice, et admettre que personne ne possède une vérité sur l’existence de Dieu. Les religions endoctrinent, règnent et contrôlent. Il serait donc logique de cheminer vers l’ère de l’agnosticisme, plutôt que d’imposer ou d’exposer aux jeunes de demain des croyances désuètes et rétrogrades.
Nous sommes devant une responsabilité morale et sociale, souvenons-nous que les religions divisent et que la laïcité unit!
À l’instar de toutes les personnes qui croit que la laïcité est la voie de l’avenir, je demande aux ministres de la Culture et de l’Éducation, ainsi qu’à tous les détenteurs de pouvoirs, de se pencher sur cette question fondamentale et d’en faire une priorité.
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Prononcé par Andréa Richard, à la conférence de Presse du 21 mai 2009)
Demander une charte de la laïcité c’est faire appel à la conscience individuelle et collective.
L’adoption d’une charte québécoise de la laïcité.(point.-non ouverte car ouverte veut dire pas pour tous) me semble impérative. Établissant, une fois pour toutes, l’unité et l’égalité des citoyens, cette charte empêcherait le cautionnement des religions, mettrait fin à la discrimination et aux affrontements inutiles. Le favoritisme, supposé ou réel, envers les adeptes de l’une ou de l’autre de ces religions serait aboli et un vent d’espoir pourrait enfin souffler sur l’avenir.
Il est plus que légitime que la société attende davantage de ses dirigeants. Les jeunes sont en droit d’exiger plus de vérité. Les générations futures méritent un gouvernement plus responsable, capable de décisions impartiales, sans que les hiérarchies religieuses soient parties prenantes.
L’enseignement des religions et/ou de leur histoire, dans un Québec qui a déjà affirmé sa laïcité par un amendement constitutionnel, relève d’un illogisme traduisant la mollesse des instances gouvernementales et leur incapacité à prendre des positions fermes et définitives. L’enseignement de l’éthique et le respect des valeurs universelles et humanitaires ouvriront aux jeunes une voie mieux définie vers l’équilibre et la sagesse.
L’erreur des religions c’est d’avoir coulé dans le ciment ses doctrines et ses dogmes non prouvés, ni même prouvables, qui relèvent de l’époque moyenâgeuse dont nous ne sommes pas libérés. Ce qui est important ce n’est pas de conserver à tout prix les religions du passé – mais c’est d’évoluer vers une prise de conscience libératrice, et admettre que personne ne possède une vérité sur l’existence de Dieu. Les religions endoctrinent, règnent et contrôlent. Il serait donc logique de cheminer vers l’ère de l’agnosticisme, plutôt que d’imposer ou d’exposer aux jeunes de demain des croyances désuètes et rétrogrades.
Nous sommes devant une responsabilité morale et sociale, souvenons-nous que les religions divisent et que la laïcité unit!
À l’instar de toutes les personnes qui croit que la laïcité est la voie de l’avenir, je demande aux ministres de la Culture et de l’Éducation, ainsi qu’à tous les détenteurs de pouvoirs, de se pencher sur cette question fondamentale et d’en faire une priorité.
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Victimes ou soumises
La Fédération des Femmes québécoises vient de se prononcer en faveur du port du voile par les femmes musulmanes dans les institutions publiques. Cette décision est loin d’avoir fait l’unanimité au sein même de la Fédération. En effet, cette prise de position a créé un malaise palpable chez plusieurs personnes qui, en leur nom personnel ou au nom du groupe qu’elles représentaient, ont demandé un report du vote pour leur permettre de réfléchir et de mûrir la question. La Fédération ne les a tout simplement pas écoutées. Faisant fi des principes élémentaires de la démocratie, on est tout de même passé à un vote qui, à notre avis, a été fort influencé par les membres de la direction.
J’étais présente à l’assemblée comme -observatrice-
Aux arguments entendus lors de l’assemblée d’hier, nous retenons ceux qui suivent et y répondons :
– Puisqu’on tolère que des femmes et des jeunes filles s’habillent sans pudeur et s’affichent nues, même à la télévision, pourquoi devrait-on interdire le contraire?
Un extrême ne peut en aucun cas en justifier un autre. Ces questions n’ont aucun lien avec ce qui nous préoccupent et doivent donc être considérées séparément. Ajoutons, et c’est là l’essentiel, que les femmes qui s’exhibent nues ne le font pas par conviction religieuse, ni par soumission à une quelconque doctrine religieuse.
– Il faut soutenir les religions parce qu’elles maintiennent l’harmonie.
Comment peut-on, encore de nos jours, affirmer une telle chose, alors qu’il est connu que les religions ont, depuis des siècles, été à la base d’abominables guerres?
Les religions endoctrinent, règnent et contrôlent. Or, si la spiritualité et les valeurs sont importantes, elles n’ont strictement rien à voir avec la religion. À quand donc une charte de la laïcité ou, à tout le moins, l’ajout de clauses pertinentes à la Charte des droits et libertés?
– Les femmes musulmanes voilées sont victimes de discrimination; elles peuvent se voir refuser un emploi.
Faux. En tant que femmes et êtres humains, à quelques malheureuses exceptions près, elles sont respectées. C’est le symbole religieux (le voile), qui est la représentation de l’obéissance au coran et qui est contraire à nos valeurs québécoises, ainsi que l’inégalité entre hommes et femmes que nous n’acceptons pas. Ces femmes ne sont pas davantage victimes que nous qui voyons nos valeurs laïques bafouées. Il n’y a rien de discriminatoire dans l’obligation de répondre aux exigences d’un employeur lorsque nous sollicitons un emploi. L’employeur n’a pas à se pénaliser pour embaucher quelqu’un.
Nous n’avons pas à nous laisser manipuler par les prétextes – dont la discrimination – invoqués pour justifier ce jeu de la victimisation. Méfions-nous de notre nature accommodante! Nous devrons peut-être en payer le prix plus tard quand nos écoles seront envahies par des enfants voilées et dépersonnalisées. Le taux de natalité plus élevé chez musulmans pratiquants pourrait bien réduire nos fillettes québécoises à une minorité. Et qu’adviendra-t-il d’elles lorsqu’elles seront minoritaires?
Qui croit-on berner en remplaçant le mot ostentatoire par distinct quand on parle du voile? Distinct signifie différent. Nous acceptons les différences des personnes, mais souscrire à la soi-disant « distinction » du voile est, selon nous, donner le feu vert au symbolisme religieux et encourager ceux qui refusent de s’intégrer à notre culture.
Ce qui provoque la guerre ailleurs aura tôt fait de la provoquer ici. Est-ce vraiment ce que nous voulons?
Andréa Richard, auteure de Au-delà de la religion, Septentrion
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Trouvée sur le site Culture Hebdo.com: La doctrine religieuse remplacée par des valeurs
C’est un fait, l’Église catholique écrasant tout sur son passage avec ses dogmes non discutables, elle s’est tirée dans le pied. Maintenant, par quoi va-t-on la remplacer ? Andréa Richard fait la proposition d’une substitution par des valeurs morales. Les évêques y goûtent pour leur complicité avec le Vatican qui fait la sourde oreille aux revendications de la base.
Éric Simard
Responsable des communications
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À QUAND UNE ÉGLISE AUTOCÉPHALE ?
Face au “cancer” du Vatican, dont fait mention M.Gérard Laverdure en le journal Le Devoir du 11mars, je me demande: À quand une Église autocéphale canadienne ou québécoise, séparée de l’autorité du Vatican ? Déjà en 2004, dans mon livre Au-delà de la religion (dont une troisième édition vient de paraître aux Éditions Septentrion,) je faisais appel aux évêques afin qu’il se séparent du Vatican. L’Église vit une crise majeure de crédibilité. La décision de l’excommunication des médecins ayant pratiqué l’avortement libérant une fillette violée mets mal à l’aise bien des évêques…
L’Évolution souhaitée par les fidèles a peu de chances d’être amorcée. Pour ceux qui choisiraient le maintien et non l’abolition de son institution, une Église autocéphale et laïque pourrait être une solution.
En cette crise déchirante qui divise les catholiques dans la plupart des pays industrialisés, qui seront les vainqueurs ? les conservateurs qui veulent demeurer fidèles au pape, ou les avant-gardistes de gauche ? Il s’agit bel et bien d’un conflit guerrier dont l’importance sera niée par ses instigateurs, et qui demeurera imperceptible pour la majorité des fidèles.
Les directives des dernières années provenant du Vatican transforment l’autorité des évêques en contre-pouvoir. Leurs responsabilités locales en souffrent et leur action s’en trouve paralysée, contrebalancée en permanence par le constant rappel à l’ordre de la Curie romaine. L’obéissance servile n’a rien d’une vertu. J’invite donc nos évêques a couper le cordon ombilical et a se séparer de l’autorité papale pour retrouver leur liberté de paroles et d’actions.
Andréa Richard
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