Archives pour la catégorie “Actualité”
Une commission va tenir des audiences sur le débat qui dure depuis trois ans, celui des accommodements dits raisonnables, en lien avec la (ou les) religion(s).
Le véritable problème réside dans une petite phrase du préambule de la Charte Canadienne des droits et libertés : « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et Sa primauté en droit. » Voilà qui donne aux religions la priorité dans un pays qui se veut pourtant laïc.
Cette simple petite phrase donne aussi licence pour accommoder des religions dont les dieux diffèrent de celui des chrétiens et dont les lois sont contraires à nos valeurs. On évoque un ou des dieux que personne n’a jamais vus ni connus et qui, selon les recherches historiques, scientifiques et archéologiques des dernières années, n’auraient même jamais existé. Si ce constat s’avérait véridique (si tant est qu’il soit possible de valider l’existence ou l’inexistence d’un ou de plusieurs dieux), les générations à venir pourraient qualifier d’idiotie ce préambule de notre charte. Il faudrait vraiment supprimer ce préambule, ces quelques mots à la source de conflits majeurs et de divisions au cœur de la société canadienne.
La loi 94, si elle est appliquée, ne sera qu’un palliatif. Une charte de la laïcité serait plus adéquate, même si elle aussi rencontrera le problème du préambule de la charte.
La société de demain sera laïque ou théocratique – c’est-à-dire religieuse – et dans ce dernier cas, des guerres seront inévitables.
Andréa Richard, membre de l’UNEQ
Pas de commentaire »
On ne peut « mieux » partir du mauvais pied…
On peut lire dans le Nouvelliste du vendredi 7 mai que neuf jeunes Irakiennes « voilées » ont été accueillies à l’école secondaire des Pionniers. Concernant le port du voile, le directeur adjoint de l’établissement, et je le cite, a pris une position de recul en n’exigeant pas qu’elles se soumettent au même règlement que les autres élèves : « Nous, on ne leur a pas demandé de l’enlever même si dans notre code de vie, on dit de ne rien mettre sur la tête. » Il me semble que c’est l’envers de -pionniers- dont on se donne le nom!
Pourquoi accorder un tel privilège aux nouveaux arrivants que nous accueillons généreusement? Est-ce à nous de nous adapter ou à eux? Est-ce vraiment la bonne façon de les aider à s’intégrer? M. le directeur, ignorez-vous les problèmes que soulèvent actuellement le port du voile dans plusieurs pays? Ignorez-vous que, même dans certains pays musulmans, le port du voile est interdit à l’université et dans certains milieux scolaires? En leur permettant d’agir à leur guise dès leur arrivée chez nous, vous prêchez par la négative et les privez d’une opportunité idéale d’intégration tout en leur fournissant celle de faire bande à part. Pourtant, c’est dès le début qu’on devrait leur expliquer nos valeurs et les inviter à respecter, comme les autres élèvent, les règlements. En leur accordant des privilèges sous des prétextes religieux, on les expose à subir les frustrations qui ne manqueront pas de s’ensuivre. Les Québécois ont pourtant été clairs en exprimant leur désaccord avec les accommodements religieux! J’aurais souhaité que Trois-Rivières donne l’exemple… mais c’est le contraire qui se produit! Pourtant une école ou un État se doit d’être neutre et démocratique où hommes et femmes, enfants et adultes, gens de toute couleur et de toute origine sont traités également.
“Rien n’est plus vicieux que ce mélange entre tolérance et vertu, fait social et politique pancanadienne. Le recours aux accommodements raisonnables est une technique détournée d’affirmation de multiculturalisme et du droit d’échapper aux normes communes par la religion.” disait Mme Marie-Andrée Bertrand, Docteure en criminologie, Professeure émérite de l’Université de Montréal et Membre de l’Ordre national du Québec, lors de sa conférence à Trois-Rivières, le 8 mars dernier, journée internationale de la femme.
Je souhaite, pour que la leçon porte, voir un groupe de garçons et de filles se présenter à leurs cours coiffés de casquettes, chapeaux, bérets imprégnés de croix voyantes et autres accoutrements. Oseriez-vous appliquer votre règlement envers eux? Ils devraient pourtant en être exemptés.
On espère des nouveaux arrivants qu’ils apprennent les lois et coutumes et s’y conforment et la grande majorité d’entre eux le font; ne sont-ils pas venus dans l’espoir de trouver ici un pays libre et laïc? Encore faut-il leur offrir les moyens de s’y intégrer.
Lorsqu’on se trouve en position d’autorité, il est indispensable d’étudier les dossiers que l’on doit traiter, s’instruire sur le sujet, s’informer et consulter avant de prendre des décisions qui, à long terme, (en me basant sur ce qui se passe ailleurs) n’auront que des conséquences néfastes.
Andréa Richard auteure de Femme après le cloître et Au-delà de la religion.
6501 Daviau
Trois-Rivières
G9A 6R3
819-379-1712
Pas de commentaire »
Le Cours ECR, cours d’éthique et de culture religieuse est non seulement remis en question, mais on demande de l’abolir. À mon avis, un cours EP, d’éthique et de philosophie pourrait avantageusement remplacer le ECR. Ceci pourrait s’appliquer au primaire, au secondaire et se poursuivre à l’Université.
La pratique de l’Éthique implique des valeurs. Une valeur distingue l’individu en tant qu’être pensant. Dans un monde où l’on constate et déplore la malhonnêteté et la fourberie, l’honnêteté et la droiture deviennent des valeurs appréciées et reconnues. La valeur est aussi ce qui se doit d’être appliquée pour son bien propre, commun et universel, sans quoi le monde ne pourrait se réaliser en santé et en beauté.
L’école publique, devenant école de pensée, pourrait apprendre aux jeunes à réfléchir sur les grands enjeux de la vie, à analyser, à déduire : et ainsi les habituer à développer un mode de pensée plus raisonnée. Pourquoi ne pas organiser avec eux, ainsi qu’avec des parents, des forums, des dialogues, des discussions, sur l’actualité, sur la politique des différents pays, sur l’avenir de la société, etc. Ils se sentiraient plus impliqués et prendraient, à mon avis, davantage intérêt à la planète terre et à tout ce qui « grouille » près d’eux et loin d’eux…La philosophie pourrait être la solution à condition qu’elle évolue et soit plus près de la vie; n’a-t-elle pas pour base un des plus importants éléments de la vie : la réflexion ? Donner l’opportunité de philosopher. L’émergence des philosophes, à notre époque, prouve bien que la modernité prend le pas sur la notion des temps immuables. Reconnaissons que les sociétés traditionnelles ne sentaient pas le besoin de philosophes puisqu’elles ne souhaitaient rien changer de leurs croyances et de leur culture. La démocratie a ouvert de nouvelles avenues, et elle se doit de continuer de le faire. C’est un besoin urgent que d’établir dans le système scolaire, un nouveau programme remplaçant le cours actuel ECR et ce nouveau programme pourrait être celui dont je donne le nom : EP Éthique et Philosophie.
Andréa Richard,
p.s. l’approfondissement de cette idée se trouve dans mes livres Au-delà de la religion et l’Essence de la vie.
Pas de commentaire »
Le pape Benoît XVI s’excuse pour les crimes des prêtres irlandais pédophiles couverts par leur hiérarchie. Plusieurs évêques mis en cause dans ce scandale retentissant seraient sur le point d’annoncer leur démission. Il paraît inconcevable qu’en 1962 aux États-Unis, un texte de loi canonique émis par le Vatican a imposé “le secret absolu” sur les scandales pédophiles de l’époque. Ce document a été largement cité en 2002 au sujet de nouveaux scandales d’ecclésiastiques coupables de pédophilie. Cette loi canonique imposait une omerta religieuse aux cardinaux, évêques et prêtres au courant de ces actes ignobles. Ce texte canonique de 39 pages, intitulé “Crimen Sollicitationis”, c’est-à-dire “La sollicitation au crime” fut édicté par le pape Paul VI. Il a imposé aux évêques et aux cardinaux, le secret absolu lorsqu’ils enquêtent sur les cas d’agressions sexuelles commis par les membres du clergé. Ce secret s’imposait à tous, y compris aux victimes, sous peine d’excommunication. ??Un documentaire de la BBC sur les crimes sexuels et le Vatican souligne que l’homme chargé d’appliquer cette nouvelle loi pendant vingt ans n’était nul autre que le Cardinal Joseph Ratzinger, devenu ensuite le pape Benoît XVI. Le Cardinal avait déclaré avoir été contraint de faire partie de la jeunesse nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. De fait, en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 1981 à 2005, Il était devenu un adulte libre de penser et d’agir au moment où il devait appliquer cette «Omertà religieuse». C’est lui qui était le plus haut responsable au sein de l’Église pour gérer ces cas de pédophilie et d’abus sexuels imputés à des ecclésiastiques. Aux États-Unis, les avocats représentant des victimes d’actes pédophiles commis par des ecclésiastiques avaient d’ailleurs produit le fameux document Crimen sollicitationis pour dénoncer la loi du secret en vigueur dans l’Église catholique. Interrogé par la BBC, le père Tom Doyle, un expert du droit canon renvoyé du Vatican parce qu’il avait critiqué sa manière de gérer ces cas d’abus sexuels, va dans le même sens : il s’agit, selon lui, d’une politique explicite visant à enlever tout droit de parole aux victimes.
À Londres en 2001, une commission formée par l’Église catholique a fourni un rapport recommandant que soient étroitement surveillés les membres du clergé catholique, afin de protéger les enfants contre les abus sexuels. Ce fléau maintenant dévoilé dans plusieurs pays.
Le documentaire « Quand la vie est un combat », télévisé le 15 novembre 2001, révèle le problème grave du célibat des prêtres responsables, selon eux, du fléau d’abus sexuels de la part des prêtres pédophiles, homosexuels et hétérosexuels. C’est le constat d’une étude effectuée sur plusieurs années, par une équipe formée d’un prêtre, d’un avocat et d’autres professionnels. À tort ou à raison, les autorités de l’Église refusent d’y voir la causalité. Ce fléau doit être très pénible pour les prêtres demeurés intègres. Les nouveaux cardinaux sont, dès qu’ils prononcent leurs vœux, soumis à un code leur interdisant de divulguer toute vérité pouvant faire scandale ou porter préjudice à l’Église. Cette loi du silence cherche à cacher que plus de 50 % des prêtres ne respectent pas leur engagement au célibat, qu’un réseau interne de l’Église protège les pédophiles et les agresseurs, qu’on a dénombré 120,000 prêtres, défroqués pour se marier, que 15% des prêtres ont des activités homosexuelles, et selon l’Agence France-Presse du 28 février 2004, aux États-Unis, près de 4,400 prêtres ont été reconnus pédophiles depuis 1950, et ont été accusés d’agression sexuelle sur près de 11,000 enfants. Et combien de prêtres ont femme et enfant(s), malgré le rejet systématique de toutes leurs requêtes auprès des autorités. On leur refuse le mariage ou la laïcisation en fermant obstinément les yeux sur la réalité. C’est la préservation du pouvoir qui compte. L’Église est vue comme une structure politique de pouvoir et d’argent. L’Église a jugé. Elle est maintenant jugée.
Ce qui est certain, par contre, c’est que ce n’est qu’au XIIe siècle que l’Église a édicté cette obligation au célibat, d’une part, pour renforcer son emprise sur la vie des prêtres, et d’autre part pour ne plus s’engager financièrement à faire vivre la famille des prêtres mariés. Ces mesures rétrogrades et oppressantes, qui agissent souvent comme des agents provocateurs, n’ont-elles pas causé suffisamment de dégradation et de drames ? Jean XXIII a dit que la discipline de l’Église, sur laquelle elle base son refus au mariage des prêtres, peut être changée dès demain par la signature d’un pape. Nouvelle preuve que la loi de Dieu, si souvent invoquée, n’y est pour rien. N’est-il pas temps pour toute personne humaine d’en référer à sa propre conscience, à la logique, au sens des responsabilités et aux réalités de la vie ? Or récemment le pape Benoît XV1 justifie le célibat des prêtres par une réponse des plus absurdes ! A deux psychologues qui recommandent la levée du Célibat le pape actuel répond : « Le célibat est le signe de la consécration tout entière au Seigneur », mais qui est ce « Seigneur » qui veut ces prêtres tout à lui pour lui, les empêchant d’aimer et d’être aimés ? Serait-ce le Seigneur Dieu d’Abraham, voir le livre de Bernard Lamborelle : Quiproquo Dieu, qui est le véritable Dieu d’Abraham ? (Éditions Editas)
Il m’apparaît honteux que les autorités vaticanes imposent le célibat aux prêtres et aux diacres qu’ils ordonnent. N’est-ce pas léser ces hommes dans leurs droits naturels et humains ? N’est-ce pas les priver de leur liberté fondamentale et légitime : le droit d’aimer et d’être aimé. Selon plusieurs psychologues, tous ces interdits, contre nature - une nature humaine, selon eux, créée par le dieu dont ils usurpent le nom - ne sont certes pas étrangers aux innombrables abus sexuels envers des enfants dont clercs et religieux se rendent coupables.
6 commentaires »
À la fois si simple et pourtant compliquée : une solution qui pourrait régler le problème que suscitent les accommodements liés à une religion. Il suffirait d’une volonté ferme de la part de nos dirigeants. Depuis deux mois, avec des personnes du Collectif citoyen pour l’Égalité et la laïcité qui se dévouent pour la cause d’une charte de la laïcité, nous avons visité des députés de la Mauricie, de la Beauce, de Montréal et autres pour présenter notre point de vue sur l’urgence d’une charte de la laïcité, et nous avons fait valoir les raisons justifiant cette demande. Le parti québécois est ouvert et semble en voir la nécessité. Les autres partis semblent patiner, hésitent, voir même ont peur que cela affecte le multiculturalisme et l’orientation donnée par le rapport Bouchard-Taylor. Au provincial il suffirait d’avoir une charte de la laïcité, pour régler -le problème des accommodements religieux-. Nous voulons qu’une charte de la laïcité soit conçue de façon responsable avec des balises claires et nettes sur l’orientation à donner.
Un autre problème est qu’il y a contradiction entre la Charte québécoise et la Constitution canadienne car cette dernière donne la préséance à Dieu et aux religions. Au fédéral, pour régler le problème des accommodements, il suffirait d’enlever le préambule de la Constitution canadienne en lequel il est écrit : « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit » ; (et ce Préambule doit servir à interpréter les autres articles de la charte, notamment l’article 2 qui consacre « la liberté de conscience et de religion ».)
J’ai décidé d’aller voir un député libéral, explicitement pour lui demander s’il accepterait de faire quelque chose au fédéral, en vue d’enlever ce préambule qui divise le Québec et le Canada… J’ai choisi Justin Trudeau, député de Papineau, d’une part parce que je pensais qu’étant jeune il serait sans doute ouvert d’esprit….et d’autre part, me disant que son père ne voulait pas ce préambule. En effet, la charte rédigée en juin 1980 ne devait pas avoir de préambule : C’est dans la version d’avril 1981 qu’on l’a ajouté. Pierre Eliott Trudeau ne voulait pas de référence à Dieu dans la Charte. Mais pour que les provinces de l’Ouest, en particulier le Manitoba, signent la charte, et aussi par des pressions relevant des religieux et des Conservateurs, il dut se plier. En 1999, le député Svend Robinson, du Nouveau Parti démocratique, a proposé à la Chambre des communes du Canada que la mention de Dieu soit retirée du préambule, mais il n’eut pas gain de cause.
Quelle ne fut pas ma surprise ! Non seulement on avait l’impression que M. Justin Trudeau ne voulait pas nous écouter parler, (j’avais demandé à Mme Marie-Michelle Poisson, présidente du mouvement laïc québécois de m’accompagner, ainsi que Mme Diane Guilbault, auteure de « Démocratie et égalité des sexes. ») ce fut un non catégorique, nous disant que lui il est croyant, qu’il a besoin de Dieu, que sans les religions on ne peut avoir des valeurs etc…. J’aurais voulu lui dire : « M.Trudeau, cela ne vous empêche nullement de croire en Dieu et de pratiquer votre religion, laïc ne veut pas dire athée, et tous, athées, croyants, agnostiques, nous avons tous des valeurs, notre identité est avant tout d’être citoyen, citoyenne, et ensembles citoyens et citoyennes, bien sûre que nous avons et que nous voulons vivre des valeurs humanitaires et universelles, telle que la paix, le partage, l’amour etc….. La religion n’est pas une valeur, elle est une Institution des hommes. La religion et la spiritualité sont deux choses différentes….. Mais l’heure était là, il se devait d’aller ailleurs… En sortant j’ai osé lui dire : « M.Trudeau, avant de maintenir un non aussi catégorique, je vous demande de vous informer..et consulter… » Il ne serait pas normal qu’un parti doive endosser les convictions religieuses personnelles d’un député. Il a eu la générosité de nous dire que nous pouvons retourner le voir individuellement ou ensemble.
Le problème c’est que la province de Québec a une charte des droits et libertés de la personne en harmonie avec le Code civil. Le Canada a sa charte nommée Charte canadienne de droits et libertés, dont le préambule est que Dieu est l’être suprême. On ne peut alors que respecter les croyances religieuses. Les deux chartes sont en conflit. On peut avoir gain de cause en cour au Québec, mais ensuite la partie adverse va s’adresser au fédéral et pourra gagner sa cause par la charte canadienne qui a priorité sur la charte provinciale : elle abroge la charte québécoise en invoquant toutes sortes de clauses dérogatoires. Alors pourquoi s’obstiner a maintenir ce constat déplorable ? Ne serait-il pas simple d’enlever ce préambule qui divise, est-ce si compliqué ? si oui, pourquoi ? À mon avis, il suffirait de -vouloir- mais….les dirigeants de quelque parti que ce soit, sont-ils prêts a s’unir pour une même cause visant à régler un problème qui de jour en jour va en s’amplifiant parce que contrairement au passé, des nouvelles religions s’ajoutent à celles déjà existantes. On ne peut rester assis sur son passé et maintenir un présent au détriment d’un futur meilleur que l’on veut bâtir.
Pas de commentaire »
Quelle absurdité ! Que Monsieur le ministre de la Famille Tony Tomassi (qui a heureusement fait volte-face) a cru avoir fait une bonne chose en appuyant l’enseignement des religions à la garderie, est d’une inconscience et ignorance inconcevables!
Une solide éducation de nos jeunes devrait être à la base d’une échelle de valeurs humanitaires et universelles, et ce, dans toutes les écoles et dès le primaire. Les niveaux du secondaire et du CÉGEP, les universités devraient enseigner une philosophie de l’ouverture, de la réflexion et de la prise éclairée de décision. Il est primordial d’enseigner aux jeunes que le doute et l’interrogation personnelle sont légitimes et nécessaires, et qu’il n’existe pas de réponse toute faite. Je trouve même inutile de leur enseigner l’histoire des religions, car ce serait leur donner de l’importance. Pourquoi ne pas privilégier des cours d’éthique et faire confiance à leur intelligence pour l’implantation des valeurs humanitaires et universelles que nous voulons pour la société de demain?
Tous les enfants devraient avoir accès aux avantages découlant de la culture majoritaire et cela, chez nous comme ailleurs dans le monde. Ce n’est pas en les forçant à joindre les rangs d’un groupe religieux et à en adopter les rites et les croyances, souvent absurdes, que nous les aiderons à devenir des individus forts et équilibrés, capables à l’âge adulte de choisir leurs priorités et leur propre ligne d’évolution. Le libre choix supplante, en terme de valeur, l’imposition d’un mode de vie et de pensée par des croyants fanatiques (soutenus par l’État).
Et puisque nous nous sommes dotés d’un système d’enseignement laïc, aucun accommodement ne devrait être possible pour quiconque dans nos écoles.
En tant que principale ressource communautaire, l’école, par sa capacité d’atteindre tous les parents, se doit de participer aux importantes transformations sociales. Participer ne doit cependant pas signifier « reculer » et aucune concession sur le terrain gagné ne devrait être consentie par, soi disant, respect des valeurs religieuses des multiples confessions existantes. Aller de l’avant permettra aux générations futures de vivre des bénéfices d’un investissement intelligent dans l’éducation. Ainsi, hommes et femmes de demain verront peut-être moins de désastres sociaux.
Devant la variété des croyances, le contenu actuel des programmes scolaires ne répond plus aux exigences de notre époque et, pour tous les éducateurs, l’heure est venue de réviser avec honnêteté le système d’enseignement.
LAÏCITÉ
La charte de la laïcité m’apparaît comme la solution idéale.
On a depuis toujours invoqué le droit des enfants pour justifier l’appartenance à un groupe religieux. En réalité, ce droit n’a rien à voir avec l’imposition de la religion par les parents. Nous savons que les enfants et les adolescents n’ont pas la maturité nécessaire pour faire des choix raisonnables. Ce sont les parents qui choisissent pour eux et faire reposer sur leurs droits les désirs conformistes des éducateurs n’est que pure manipulation. S’il est une chose que les enfants ont le droit de savoir, c’est que la véritable spiritualité a été supplantée par les doctrines et les dogmes religieux.
Tous les extrémistes religieux du monde tirent avantage de l’affirmation trop répandue que l’abandon de la religion est responsable de la décadence de l’humanité. Ces derniers peuvent ainsi faire régner la terreur en justifiant leurs actes par leur fanatisme et, selon le camp choisi, le terrorisme des uns devient l’héroïsme des autres.
L’enseignement des valeurs humaines devrait être diffusé à l’échelle mondiale, car seules ces valeurs ont la capacité d’unir les peuples, contrairement aux idéologies religieuses qui divisent les nations en groupes extrémistes.
Selon moi, l’accommodement le plus raisonnable auquel je puisse penser se situe dans la laïcisation du domaine public et dans l’abolition pure et simple de toutes les religions, pour faire place à une recherche commune plus philosophique et spirituelle. L’humanité, libérée de l’emprise religieuse, pourrait peut-être enfin répondre au seul appel qui vaille: le désir de bien vivre sa vie.
Soyons assez responsables pour ne pas être complices du maintien des religions rétrogrades qui empêche l’évolution de la société.
Andréa Richard
Pas de commentaire »
Publié par ANDREA RICHARD dans Actualité, Réflexion, tags: Allah, antiquité, Benoit XVI, bible, déesse-mère, divinités, droit de vote, femmes, Jéhovas, Yahweh
La femme a déjà occupé, même dans la préhistoire, une place égale et même supérieure à l’homme, prestige qu’elle a ensuite perdu et qu’elle mettra des siècles à reconquérir. En effet, dans l’histoire antique, la divinité était représentée par une déesse-mère, et ce, dans toutes les civilisations. « On a retrouvé de nombreuses figurines de déesses-mères, la plus connue étant celle de l’obèse Vénus de Willendorf [...]. Par contre, les archéologues et les paléontologues n’ont jamais exhumé de statuette représentant un dieu mâle [...]. Comme il existe une corrélation entre le sexe de la divinité vénérée et le rôle de la femme dans les rituels sacrés, on en a déduit que les populations de l’époque étaient régies par une certaine forme de matriarcat et que les femmes tenaient une place importante dans les rites religieux. Durant l’Antiquité, les femmes pouvaient exercer des fonctions sacerdotales. Dans certaines sociétés, les prêtresses jouaient un rôle égal à celui des prêtres. C’était le cas des druidesses qui, chez les Celtes, avaient les mêmes attributions que leurs collègues masculins : divination, éducation des jeunes, participation aux assemblées qui élisaient les rois… [...]Avec l’arrivée du monothéisme, les pères de l’Église ont interdit l’accès aux fonctions sacerdotales pendant au moins 2000 ans. Les trois “religions du Livre” (ainsi nommées parce qu’elles partagent le même texte fondateur : la Bible) ont expulsé l’élément féminin du divin. Le mot hébreu “Yahweh” est du genre neutre, mais ses équivalents - Élohim, Jéhovah - sont masculins, tout comme les termes Allah, Dieu, God, Dios… » (Châtelaine, décembre 2000).
Ce n’est que lorsque le mâle a compris qu’il avait lui-même un rôle à jouer dans la procréation que sa vénération pour la femme s’est graduellement éteinte, et il a cru qu’il lui était supérieur. De créatrice absolue de la vie, la femme est passée au rang de réceptacle de la semence de l’homme, qui représentait la fertilité pendant l’antiquité, ce dernier était persuadé qu’elle n’avait dorénavant qu’un rôle secondaire à jouer dans la mise au monde de nouveaux êtres humains.
Le XXe siècle a marqué de façon prépondérante l’ascension de la femme au rang social et politique auquel elle avait droit en tant qu’individu autonome apte à prendre ses propres décisions et à contrôler les éléments de son existence - en tous lieux, dans toutes les sphères d’activité, sauf… au sein des religions (exception faite de quelques Églises protestantes et l’Église Unitarienne) chasse gardée des mâles qui se prétendent investis de pouvoirs conférés par Dieu et qui n’hésitent pas à Le représenter, à parler en son nom. Or, selon eux, Dieu refuserait encore et toujours le sacerdoce aux femmes. Encore faudrait-il faire la preuve qu’Il ait parlé en ce sens ! C’était le message de Jean-Paul II et de son successeur Benoît XVI. Loin d’avoir évolué, cette mentalité suggérant un Dieu misogyne n’est pas seulement stagnante, mais régressive. Toute évolution nécessite remise en question et réflexion, ce que, précisément, les autorités de l’Église refusent de faire en ce qui concerne des traditions établies et des dogmes. Une évolution saine mène à une révolution des schèmes de pensée. Or, une telle révolution représenterait une menace pour le système « androcentré » de l’Église qui veut perpétuer l’attribution des fonctions sacerdotales et d’autorité dans l’Église qu’aux hommes. Au Canada, le statut de « personne juridique » ne fut accordé à la femme qu’en 1929 et le droit de vote, en 1940. Les évêques, se mêlant des questions politiques, s’opposaient à ce que les femmes se présentent aux urnes. Un demi-siècle plus tard, ils reconnurent que la gent féminine se composait de personnes à part entière et firent amende honorable. En leur nom seulement, pas au nom de l’autorité papale ou de la curie romaine.
Les femmes, à partir des années 60, ont compris qu’il leur fallait prendre leur place et non seulement une place dans une société qui ne souffrait aucune tentative de prise en charge. Elles ont prouvé et démontré que les femmes peuvent, autant que les hommes prendre la parole en public, écrire des best-sellers, diriger des entreprises, conduire des camions, accéder à la tête des gouvernements et concilier, bien souvent, leurs activités et leurs tâches avec les contraintes de leur vie familiale et parentale.
En 1994, 1200 femmes anglaises de confession anglicane ont été ordonnées prêtres. Leur Église avait statué, en 1975, que l’ordination des femmes ne pouvait rencontrer aucun obstacle fondamental d’ordre théologique. C’est pourtant le même Dieu que celui des catholiques !
En 1994 également, Mme Louise-Gélinas Martel et moi-même fondatrices du CLAC (Collectif libre d’actions concertées pour l’égalité de l’homme et de la femme dans la société et dans les religions,) avions manifesté devant la cathédrale de Trois-Rivières en faisant appel aux autorités d’Église pour qu’ils acceptent l’égalité des sexes en acceptant le sacerdoce de la Femme. Nous avions l’appui de groupes reconnus, telle l’Autre Parole, Femmes et Ministères, l’A.F.É.A.S, la conférence des Religieuses Canadiennes (CRC), ainsi que des théologien(ne)s les plus réputées et un grand nombre d’individus se sont prononcés publiquement contre la position du pape et de quelques autorités d’Église concernant la non-ordination de la femme non seulement nous n’avons pas été entendus, mais par la voix du pape, on nous a demandé « de nous taire et de fermer le débat. »
Par les accommodements religieux, encore une fois, l’égalité homme-femme et nos valeurs québécoises acquises péniblement sont menacées.
Quand dire ne suffit pas, il faut agir….
Aujourd’hui nous ne pouvons nous adresser à ces hommes misogynes et sourds, c’est donc aux femmes que nous nous adressons :
Femmes soumises, votre dignité n’est pas à genoux. Levez-vous. Prenez votre place, celle que l’on ne vous donne pas… Si vous ne pouvez être traitées égales aux prêtres, et aux imams avec qui vous travaillez, et avec les mêmes droits, n’y soyez plus du tout. Votre place est ailleurs.
Pas de commentaire »
Une dépêche de la Presse canadienne datée du 3 décembre 2009, reprise dans Cyberpresse, section Éthique et religion, faisait part d’une déclaration émise par le cardinal Javier Lozano Barragan de la Cité du Vatican :
«Les homosexuels et les transsexuels n’entreront jamais au Royaume des Cieux», a affirmé hier le cardinal Javier Lozano Barragan, ancien ministre de la Santé du Vatican.
Nous nous inscrivons en faux devant cette assertion infâme. Pareille affirmation fait preuve d’une grande ignorance. En plus, elle est contraire à l’évangile et à la philosophie de Jésus de qui, pourtant, le Vatican se réclame. Pour justifier sa déclaration, le cardinal Barragan ose l’attribuer à Saint Paul. «Si Saint-Paul l’a dit, selon le cardinal, c’est donc vrai.» Monsieur le Cardinal, pourquoi référer à un homme d’une autre époque, voire même d’une autre planète ? Est-ce que les hommes et les femmes d’aujourd’hui ne peuvent pas penser par eux-mêmes? Contrairement à vous, Monsieur, ils sont assez évolués et intelligents pour être indignés par vos propos désobligeants envers certains de nos semblables. Vos longues méditations ne vous ont-elles pas appris, comme l’enseignait Jésus, l’amour et le partage au lieu de répandre la haine et le rejet?
À ce propos, le mutisme de l’Assemblée des évêques catholiques du Canada est inquiétant. Son incompréhensible silence jette un climat trouble dans la société. Nous lui demandons instamment, dans le respect de nos chartes des droits, d’émettre un communiqué, se dissociant officiellement de cette déclaration blessante, injuste et discriminatoire.
Andréa Richard, auteure, Au-delà de la religion, Septentrion
Royal du Perron, éditeur, ZoneCulture.com
Pas de commentaire »
Dans La Presse de ce matin le 21 novembre, Monsieur Denis Lessard, journaliste, rapporte ces propos de Mme Pauline Marois, par rapport aux religions.
«les accommodements, quand ils sont déraisonnables, doivent être interdits.” Ceci laisserait entendre qu’il y a des accommodements raisonnables ?
Il est temps qu’on prenne conscience que des accommodements au nom d’une religion, c’est toujours déraisonnables et irresponsables, et voici pourquoi: Aujourd’hui nous savons que toutes les religions ont à la base, des doctrines erronées et des dogmes mensongers. Accorder des accommodements au nom d’une religion c’est donc se rendre complice du culte du faux. Est-ce cela que nous voulons léguer à nos enfants et petits-enfants ? Il est temps que l’on dise -NON- Ici au Québec, ici au Canada, il n’y aura plus d’accommodements accordés au nom d’une religion. L’État est laïc.
Est-ce si difficile a comprendre? La religion et la spiritualité ce sont deux choses différentes. Les religions véhiculent une spiritualité de la mort, victimes, martyrs, sacrifices, suicides au nom d’Allah, et j’en passe… La mort pour un Ciel.
Ce que nous voulons comme enseignement pour nos enfants, c’est une spiritualité de la Vie pour la vie sur terre, a embellir dans le Présent, par l’éthique, une morale, des valeurs humanitaires, bref, un savoir être et un savoir faire, pour le bonheur de l’individu, de la famille et de la société. Ce sera bien plus prometteur pour un avenir de paix, que d’attacher de l’importance aux religions archaïques en les accommodant, alors qu’en fait on devrait les dénoncer….
Pas de commentaire »

Je serai au salon du livre de Montréal…
le dimanche 22 novembre au stand ADL (n°538) pour Femme après le cloître (Éd. de l’As) de 12h à 14h.
et au stand de Septentrion (n°112) pour Au-delà de la religion et L’essence de la vie de 14h à 16h.
Je serais heureuse de vous rencontrer !
Andréa
Pas de commentaire »
|