Archives pour novembre 2009
DE L’URGENCE D’UNE CHARTE DE LA LAÏCITÉ par Louise Beaudoin, députée du Parti québécois dans Rosemont.
Je savais que l’école publique pour filles Marguerite-De-Lajemmerais, qui est située dans ma circonscription de Rosemont et que j’ai visitée il y a quelques mois en compagnie du commissaire scolaire Jean-Denis Dufort, permet le port du voile islamique. Je l’avais constaté de mes yeux. Mais Le Devoir nous a appris vendredi dernier que le conseil d’établissement de l’école a décidé que le voile islamique ferait partie intégrante de l’uniforme officiel pour les élèves qui désirent (ou dont les parents le désirent) le porter. Mieux encore, le hidjab est offert avec le logo de l’école (ainsi qu’un polo à manches longues pour la gymnastique). On n’est pas obligé de le porter, mais si on le porte ce doit être le voile officiel de l’école…
Quand mettrons-nous un terme à ces aberrations?
Que l’école Marguerite-De-Lajemmerais, une des rares écoles publiques pour filles seulement, attire une clientèle musulmane est une chose, mais que cet état de fait ouvre la porte à une institutionnalisation d’une division religieuse et que le port du voile soit normalisé par l’école, voilà un accommodement déraisonnable inadmissible.
On sait combien la pression sur les jeunes filles musulmanes est forte pour qu’elles portent le voile. Si en plus ça fait partie de l’uniforme d’un établissement public, c’est une atteinte cautionnée, qu’on le veuille ou non, par l’État à l’intégrité et à la liberté de ces jeunes filles, ainsi qu’à toute notre société, que nous ne pouvons pas accepter. C’est banaliser encore une fois un symbole religieux de soumission et d’infériorisation de la femme, quoi qu’en disent tous les dévots d’un concept perverti de la tolérance, dont les femmes sont encore et toujours les victimes.
Sur ce point, ma position personnelle est claire et je souhaite, ainsi que plusieurs de mes collègues, la faire inclure dans le programme du Parti québécois lors du congrès de 2011: l’école, a fortiori l’école publique, est un lieu de rassemblement et non de division. Aucun signe ostentatoire d’appartenance religieuse ne doit y distinguer les élèves non plus que les enseignants.
Alertée par la situation, la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Diane de Courcy, a déclaré que, pour 2010-2011, il n’y aura plus de signes distinctifs religieux à l’effigie d’une école ou d’une commission scolaire. Prenons acte, mais combien d’autres exemples comme celui de Marguerite-De-Lajemmerais ressurgiront ici et là si nous n’intervenons pas pour clarifier les choses?
Au pays libéral du mou et du flou, tout est permis. Le gouvernement Charest doit cesser de se fermer les yeux, il doit intervenir et proposer l’adoption d’une charte québécoise de la laïcité pour que cessent de tels égarements qui nous conduisent aux antipodes de l’intégration et de l’inclusion. Mais tout débat entourant le multiculturalisme tel que pratiqué par ce gouvernement déclenche une réaction allergique chez les libéraux de Jean Charest. Nous le constatons semaine après semaine à l’Assemblée nationale. Alors, «on patine», comme on dit; dans le cas qui nous occupe, la ministre de l’Éducation du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, renvoie la balle dans la cour des commissions scolaires puis déclare que, après tout, c’est un choix du conseil d’établissement et que la laïcité, c’est un autre débat. Alors, que peut-on faire sinon laisser faire? Telle est la belle devise de ce gouvernement libéral!
Il est plus que temps d’ouvrir courageusement le débat sur la laïcité, comme le demandent d’ailleurs plusieurs groupes de la société civile, et d’adopter une charte qui définisse les balises qui nous permettront de vivre ensemble harmonieusement et de construire, au-delà de nos différences, une société égalitaire et inclusive.
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Dans La Presse de ce matin le 21 novembre, Monsieur Denis Lessard, journaliste, rapporte ces propos de Mme Pauline Marois, par rapport aux religions.
«les accommodements, quand ils sont déraisonnables, doivent être interdits.” Ceci laisserait entendre qu’il y a des accommodements raisonnables ?
Il est temps qu’on prenne conscience que des accommodements au nom d’une religion, c’est toujours déraisonnables et irresponsables, et voici pourquoi: Aujourd’hui nous savons que toutes les religions ont à la base, des doctrines erronées et des dogmes mensongers. Accorder des accommodements au nom d’une religion c’est donc se rendre complice du culte du faux. Est-ce cela que nous voulons léguer à nos enfants et petits-enfants ? Il est temps que l’on dise -NON- Ici au Québec, ici au Canada, il n’y aura plus d’accommodements accordés au nom d’une religion. L’État est laïc.
Est-ce si difficile a comprendre? La religion et la spiritualité ce sont deux choses différentes. Les religions véhiculent une spiritualité de la mort, victimes, martyrs, sacrifices, suicides au nom d’Allah, et j’en passe… La mort pour un Ciel.
Ce que nous voulons comme enseignement pour nos enfants, c’est une spiritualité de la Vie pour la vie sur terre, a embellir dans le Présent, par l’éthique, une morale, des valeurs humanitaires, bref, un savoir être et un savoir faire, pour le bonheur de l’individu, de la famille et de la société. Ce sera bien plus prometteur pour un avenir de paix, que d’attacher de l’importance aux religions archaïques en les accommodant, alors qu’en fait on devrait les dénoncer….
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Je serai au salon du livre de Montréal…
le dimanche 22 novembre au stand ADL (n°538) pour Femme après le cloître (Éd. de l’As) de 12h à 14h.
et au stand de Septentrion (n°112) pour Au-delà de la religion et L’essence de la vie de 14h à 16h.
Je serais heureuse de vous rencontrer !
Andréa
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Publié par ANDREA RICHARD dans Actualité, Revue de presse, Réflexion, tags: Accommodements, AFEAS, Diane Guilbault, Djamila Benhabib, Fatima Sobhi du Comité culturel islamique de Trois-Rivières, ma vie à contre coran, mouvement laïc, Mouvement national des québécoises et québécois, Regroupement des citoyennes de la SSJB, Table de concertation du Mouvement des femmes de la Mauricie
Le Nouvelliste (lundi 9 novembre 2009)
Presque tous les jours, depuis près de deux mois, le journal Le Devoir fait mention du problème des accommodements unilatéraux envers les religions: le débat sur les positions adoptées par la SAAQ, la RAMQ, la FFQ, les nombreuses interventions médiatiques du Collectif Citoyen pour la démocratie, la laïcité et l’égalité, du Mouvement laïc québécois, des femmes musulmanes algériennes qui, devenues québécoises, épousent les valeurs d’ici. Et j’en passe…
Il paraît évident que la population a compris et tout aussi clair que le peuple veut une charte de la laïcité au Québec. Comment expliquer que seuls les dirigeants ne semblent pas capter le message? N’est-il pas grand temps que toutes les instances se penchent enfin sur la question et agissent concrètement vers une solution?
À Trois-Rivières, on a compris. Le 5 novembre, plusieurs personnalités politiques et représentants de groupes communautaires importants (AFEAS, Mouvement national des québécoises et québécois, Table de concertation du Mouvement des femmes de la Mauricie, Fatima Sobhi du Comité culturel islamique de Trois-Rivières, Regroupement des citoyennes de la SSJB, etc.) se sont déplacés pour entendre en conférence sur l’épineux sujet Mesdames Andréa Richard, réputée auteure de, entre autres, Au-delà de la religion, Djemila Benhabid, auteure de Ma vie à contre-Coran, Marie-Michelle Poisson, présidente du Mouvement laïc et Diane Guilbault, auteure de Démocratie et égalité des sexes. Ces dernières y ont été pour beaucoup dans l’abandon de la Loi 16 que voulait faire passer la ministre Yolande James.
Les conférencières ont lancé un vibrant appel aux signatures qu’elles soumettront à l’Assemblée nationale pour appuyer l’adoption d’une charte de la laïcité. On peut lire dans le préambule du projet qu’elles présenteront que « La laïcité suppose la séparation du politique et du religieux et repose sur trois principes indissociables : la liberté de conscience, l’égalité en droit de toutes et de tous croyants agnostiques ou athées et la neutralité de l’État ».
Je souhaite ardemment que de telles conférences et d’autres tables rondes soient organisées ailleurs au Québec, que des personnalités publiques et des représentants de divers groupes sociaux et des partis politiques y soient invités afin de prendre un maximum de renseignements pouvant les éclairer dans leurs prises de position et leurs décisions.
Oui, le moment est venu de faire entendre la voix de la grande majorité en faveur de l’établissement d’une charte de la laïcité, gage d’égalité, de démocratie, d’harmonie et de paix entre les tenants des religions et les autres. Bravo et merci à ces pionnières de la véritable justice.
Lise Morin
Saint-Julien
Source : Cyberpresse/ Le Nouvelliste
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